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01 août 2006

Chez Evene


CONTRETEMPS
DE BERNARDO TORO


CATEGORIE : LITTÉRATURE FRANÇAISE XXIÈ
Date de publication : 13/10/2006
Editeur : Les petits matins
Pages : 355 - Prix du livre : 20 Euros



RÉSUMÉ DU LIVRE

1980. Un jeune homme de 17 ans quitte le Chili de Pinochet pour démarrer une nouvelle vie sur Paris. Seul, sans ressources, perdu dans la ville dont il ne maîtrise pas la langue, il retrouve Laura, une femme de 34 ans, épouse d'un dirigeant d'extrême gauche, dans un restaurant chilien où il joue aux échecs avec des compatriotes. Commence une douloureuse relation amoureuse.

MORCEAUX CHOISIS

La première phrase :
J'étais sur le balcon quand la voiture est arrivée.

LES EXTRAITS de "Contretemps"

Paris peut être une ville terrible certains soirs, un je-ne-sais-quoi de foire ratée pour touristes, des vitrines loin de tout clignotant dans le vide. Le plus dur, ce sont ces petits riens, ces détails qui vous font basculer. Ca peut-être une cour jonchée de poubelles, un ciel plombé, la pétarade hystérique d'une moto. Vous ne jugez pas, vous ne pensez à rien, mais une bouffée de néant se dégage de vos poumons et remonte dans votre bouche avec une amertume d'eau croupie. Les autres ? Vous-même ? Le train-train quotidien ? Il ne sert à rien d'expliquer. A chaque respiration, l'air draine dans votre sang une chose trop lourde qui distend vos veines partout où elle passe. Vous êtes perdu pour la joie de vivre et le glamour parisiens. Le lendemain, au réveil, un ciel boueux vous guette derrière les volets clos. Vous voilà debout, les yeux lourds de fatigue anticipée, et vous vous dites, vous vous entendez dire que si vous n'êtes pas content ici, vous n'avez qu'à rentrer chez vous !
Chapitre : trois - Page : 111 - Editeur : Les petits matins - 2006

A l'époque, je doutais de tout, de mon amour de mère, de femme, de ma capacité à aimer qui que ce soit. C'est alors que j'ai commencé à travailler pour le Mir. Je ne sais pas si j'ai bien fait, tout était déjà tellement embrouillé dans mon esprit. Chaque matin, j'avais l'impression que nos vies risquaient de basculer dans le cauchemar, sans cesser pour autant d'être absurdes. Quand Alvaro me faisait la morale, quand il me reprochait de vouloir racheter ma mauvaise conscience, de confondre politique et psychothérapie, je ne disais rien. J'avais besoin qu'on me secoue. Mais, le soir, il suffisait que Thomas m'entoure avec son bras pour que le bruit du vent contre les mélèzes recommence à siffler dans mes oreilles. Te voilà comblée. Jamais dans ta vie tu n'as été aussi comblée. Et là, il fallait que je me lève encore et que je reprenne toute ma journée à l'envers : Alvaro, sa planque, les enfants, Thomas.
Chapitre : Cinq - Page : 182 - Editeur : Les petits matins - 2006